Osteodystrophie fibreuse métabolique ou Ostéofibrose

Ce syndrome est encore très fréquent chez les lézards gardés comme animal de compagnie et principalement chez les jeunes en croissance ou chez les femelles gravides qui ont un besoin important en calcium. Il est présent aussi chez nos tortues terrestres phytophages de compagnie.
Iguane vert 13 ans

Par contre, les varans et téjus nourris avec des rongeurs sont rarement affectés (STAHL, 2003a).

Il s’agit d’un hyperparathyroïdisme secondaire à une mauvaise alimentation. Un
déséquilibre au niveau du métabolisme calcique entraîne une décalcification des os
suite à une sécrétion excessive de parathormone en réponse aux niveaux de calcium
sérique bas (BOYER, 1996). Cette baisse du niveau sérique peut avoir plusieurs
origines :

une déficience en calcium : les légumes contiennent peu de calcium donc
cette maladie affectera les lézards herbivores dont la ration n’est pas
supplémentée .
un rapport phosphocalcique inversé : le rapport phosphocalcique (Ca/P)
devrait se situer autour de 2,1/1. Or la majorité des insectes et de la viande
ont un rapport phosphocalcique inversé. Si les insectes ne sont pas
saupoudrés en calcium, les lézards insectivores développent cette
maladie .
niveaux d’oxalate trop élevés dans la ration : une alimentation contenant
trop de légumes riches en oxalate (épinards, persil, rhubarbe…) peut
entraîner des déficiences en calcium séquestré sous forme de chélates .

manque d’apport en vitamine D3 : celui-ci est dû généralement à un déficit
d’exposition aux ultraviolets B qui sont essentiels à l’activation de la
vitamine D2 chez les espèces pratiquantes le « lézardage ». En effet, ces
espèces semblent incapables d’assimiler la vitamine D2 alimentaire. Par
contre, les lézards nocturnes ou carnivores semblent en mesure
d’absorber cette dernière .
hyperparathyroïdisme secondaire d’origine rénale : comme pour les
mammifères, la sécrétion de parathormone est stimulée secondairement à
l’incapacité du rein de transformer la 25-hydroxy-vitamine D2 en 1,25-
hydroxy-vitamine D2. Le diagnostic se fait par déduction face à un animal
nourri de façon adéquate atteint d’une maladie métabolique des os ce qui
suggère que le patient a des lésions rénales sévères .

Les manifestations cliniques sont variées :

Iguane vert 1 an , ostéodystrophie
Iguane vert 1 an :déformation mâchoire et langue sortie

ostéodystrophie fibreuse  : c’est la présentation la plus
classique. À la radiographie, on observe une diminution de la
densité osseuse (« os en caoutchouc »), des fractures multiples au niveau
des os longs et des vertèbres, la déformation de la mâchoire, du crâne et
de la colonne vertébrale (scoliose). L’animal est souvent incapable de se
lever sur ses pattes. De plus, la faiblesse de la colonne vertébrale induit
une stase gastro-intestinale suite aux déficits neurologiques ainsi que des
incontinences urinaire et fécale ou à l’inverse une anurie et une
constipation (STAHL, 2003a). Il se peut que les concentrations
plasmatiques de calcium et de phosphore soient normales, mais le plus
souvent, la calcémie diminue et le phosphore augmente avec le temps
(BOYER, 1996).

hypocalcémie : cela se traduit par des tremblements, une paralysie, des
tétanies. Le niveau sanguin de calcium est généralement inférieur à deux 121
millimoles par litre. Elle peut être secondaire à la production d’œufs ou à
une insuffisance rénale (BOYER, 1996) .
rachitisme et ostéomalacie : dans les deux cas, il s’agit d’un problème de
calcification osseuse, mais la première maladie concerne les jeunes en
croissance et la seconde les adultes. Les signes radiographiques seront
des fractures osseuses et une diminution de la densité du squelette.

 

Dossière "Toblerone" déformationLe traitement de cette condition est souvent de longue durée et difficile.

Il consiste  à :
– contrôler la ou les causes de la maladie (amélioration de la ration en la
supplémentant en calcium, en diminuant la quantité de végétaux contenant
des oxalates ; mise en place d’une lampe à ultraviolets B) ;
– minimiser les risques de fractures (repos en cage, ne manipuler l’animal
que le strict nécessaire) ;
– administrer du calcium par voie orale ou injectable (gluconate de calcium à la dose de 100
mg/kg une fois par jour pendant un à trois mois) .

– traitement de support (réhydratation, alimentation assistée, immobilisation
des fractures à l’aide d’atèles externes).
Les jeunes ayant développé une scoliose ont un pronostic beaucoup plus sombre,
surtout s’ils présentent des déficits neurologiques comme une ataxie postérieure et
de la constipation qui risquent de ne jamais guérir (STAHL, 2003a).
Afin de prévenir cette maladie, il faut veiller à donner à son animal une alimentation équilibrée et supplémentée en calcium et vitamines. Il est possible de saupoudrer les insectes et les végétaux avec de la poudre d’os de seiche ou du calcium pour
reptiles, comme BONE AID T-REX ND, CALCIUM REPTILES ND (Virbac). De plus, il
est préférable quelle que soit l’espèce de mettre une lampe à ultraviolets B à
disposition dans le vivarium.

Les insectes destinés aux lézards peuvent être nourris quelques jours avant la
distribution avec une alimentation plus riche en calcium. On peut utiliser des granulés
pour iguanes pour les criquets et des croquettes pour carnivores pour les grillons
(SCHILLIGER, 2004).

Bibliographie: Guide pratique des reptiles en captivité (L. Shilliger) , Thèse : Les afffections des lézards liées aux conditions de captivité  ( C. Savey).